La "logique" féministe transphobe: morceaux choisis
En tant que femme cis,
ce n’est pas à moi de définir le cissexisme ou d’expliquer l’oppression des
personnes trans*. Il me faut cependant dénoncer celles et ceux qui se servent
de l’idéologie antisexiste comme excuse à leurs discours haineux ou à leur
refus d’examiner leurs propres comportements oppressifs. Ces personnes nuisent à la crédibilité du féminisme, mais plus important encore elles participent à l'oppression et aux violences subies par un groupe marginalisé.
Le féminisme n’a pas à
être transphobe, et pourtant de trop nombreuses féministes le sont. Avec ces
quelques morceaux choisis, j’espère démontrer que le féminisme ne doit pas
conduire à des positions cissexistes, ces dernières étant mêmes carrément
incompatibles avec la logique du féminisme. Voilà donc le best of de l’illogisme transphobe. Enjoy.
Le féminisme transphobe, c’est :
·
Décréter
que des personnes n’existent pas parce
leurs réalités ne font pas l’affaire de nos politiques.
·
Désirer
ardemment que les hommes arrêtent de nous « expliquer » que le
sexisme qu’on dénonce n’est pas du sexisme. Expliquer aux personnes trans* que
la transphobie qu’elles dénoncent n’en est pas.
·
Intimider,
harceler, menacer et opprimer des femmes… au nom du féminisme.
·
Défendre
bec et ongles des positions drôlement identiques à celles des masculinistes.
·
Affirmer
que « femme = robe » est oppressif, mais que « femme = vagin »
ne l’est pas.
·
Savoir que
la vulnérabilité aux agressions physiques, la discrimination à l’emploi et le
harcèlement sont des marqueurs d’oppression… sauf lorsqu’ils sont subis par des
personnes trans*.
·
Baser tous
ses arguments sur un supposé complot des femmes trans*. Ignorer entièrement l’existence
des hommes trans*, des personnes non-binaires, et des enfants trans* non
politisés.
·
Affirmer
qu’être femme n’est pas un privilège mais la cause d’oppressions. Dire que les
femmes trans* sont des hommes qui se font passer pour des femmes pour obtenir
des privilèges.
·
Détester
que les machistes justifient le sexisme par la « nature » ou la
biologie. Légitimer sa violence par la biologie.
·
Apprendre
que des personnes trans* s’identifient à un genre non binaire. Reprocher aux
personnes trans* de renforcer la binarité du genre.
[Description d'image: Dessin de Stéphie, une jeune fille trans* et personnage principal de la BD Assignée Garçon. En haut et en bas du dessin, il est écrit en noir: Les filles trans ne font pas que "s'identifier en tant que" filles, Elles SONT des filles." Illustration de Sophie Labelle.]
N’hésitez pas à
ajouter vos illogismes préférés! Pour vous initier aux enjeux trans*, je
recommande la BD en ligne Assignée Garçon.
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