Cri du coeur
Bien sûr que je suis vite sur la défensive. Bien sûr que je
suis sur mes gardes. Bien sûr que je suis critique, et même parfois agressive. Bien
sûr.
Ma vie dépend de droits acquis chaque jour remis en
question, et de bien d'autres encore à conquérir. Ma liberté est entre les
mains de géants qui grandissent en me coupant les ailes, de monstres de bonne société
qui s’abreuvent de mon sang.
Mon corps est une prison dans une prison. Bien sûr que je
m'emporte.
L'oppression n'est pas une discussion de salon, un débat
posé, un argumentaire de l'avocat du diable, juste pour le plaisir. Ce n'est
pas une idéologie, une analyse qu'on peut mettre de côté le temps d'écouter un film, ou de
traverser la rue, le temps d'être politiquement correct, le temps d'en laisser
passer une, pour une fois.
Bien sûr que je ramène tout au féminisme et plus encore au
champ de bataille.
Bien sûr que le fer dans la plaie, ça fait mal.
L'oppression, c'est ma vie quotidienne. L'oppression, je
suis née dedans, je m'embourbe, je trébuche, je saigne en toutes les couleurs.
L'air que je respire à chaque instant est chargé de son poison. Bien sûr que ça
m'étouffe.
C'est si dur de crier
Quand on est bâillonnée
Sois le porte-voix
Pas les bouchons d'oreille.
Bien sûr que je l’exige
Bien sûr que je veux faire la guerre sans mourir au combat.
Bien sûr que je meurs à chaque fois que tu regardes
ailleurs.
L’amazone
Cent fois poignardée
Est mille fois fantôme
Bien sûr que mes armes sont vaines
Alors, il ne me reste que la haine
Bien sûr.
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