Check ton privilège

Note: Cet article a été rédigé dans le cadre d'activités de DisOrientation organisées par un club radical de ma faculté. J'invite les non-juristes à se demander comment les privilèges qui y sont énoncés s'expriment dans leur milieu.
Vous trouverez ici une liste non-exhaustive de privilèges de race, de genre, d’orientation sexuelle, de classe, de cisgenrisme et de validité s’exprimant dans notre faculté. Ils illustrent des inégalités persistantes dans notre société, dans notre système éducatif, dans le milieu juridique et dans notre communauté universitaire. En prendre conscience est une première étape en vue de remettre en question notre mérite, d’éviter les comportements oppressifs, de soutenir les revendications des groupes historiquement discriminés et de critiquer les mécanismes d’exclusion endossés par nos institutions. Cette liste ne doit pas servir à valider notre indifférence ou nos comportements d’exclusion (« je n’ai pas tous les privilèges, donc je ne suis pas responsable »), à susciter une culpabilité stérile (« je suis privilégié-e, donc je suis une personne épouvantable! ») ou encore à valider une connaissance réductrice des phénomènes de pouvoir et d’exclusion (« j’ai lu cette liste, donc je sais tout »). Elle se veut plutôt une invitation, d'une part, à reconnaître notre participation individuelle aux systèmes collectifs et systémiques qui maintiennent les inégalités en place et, d'autre part, à s’éduquer pour mieux les identifier et les déconstruire. On ne choisit pas de naître privilégié-e, mais on hérite tout de même d’une responsabilité, celle de mettre ses privilèges au service de l’égalité.

Quels sont donc mes privilèges?
□   Je n’ai jamais été le/la seul-e représentant-e de ma race dans un cours
□   Je n’ai pas subi de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle sur le campus de McGill ou lors d’événements de vie étudiante
□   Les activités de vie étudiante, y compris en présence d’alcool, ne me font pas me sentir en danger à cause de mon genre
□   Les manifestations de la culture du viol à la faculté (Skit Night, Quid, cours…) me laissent indifférent
□   Je n’ai pas contracté de prêts étudiants
□   Mes parents paient mes frais de scolarité
□   J’ai participé à un stage non rémunéré
□   J’ai passé ou je passerai une session à l’étranger
□   Si j’obtiens un stage très contingenté, personne ne doutera de mes qualifications et supposera que je l’ai obtenu en raison d’une politique de discrimination positive
□   La majorité de mes professeurs sont de la même ethnie que moi
□   Les bureaux de mes professeurs me sont accessibles
□   Même si mes notes sont moyennes, j’aurai un meilleur salaire que mes camarades d’un autre genre / d’une autre ethnie
□   On ne m’a jamais demandé si j’avais été admis-e à McGill grâce à une politique de discrimination positive
□   Je suis mes cours dans ma première ou deuxième langue
□   Je peux entrer dans la faculté par n’importe quelle entrée
□   Je n’ai jamais été confondu-e par un-e camarade ou un-e professeur-e avec un-e autre étudiant-e simplement parce que nous partageons la même ethnie
□   J’ai les moyens d’acheter neufs les recueils requis pour mes cours
□   Le harcèlement sexuel dans le milieu juridique ne m’inquiète pas
□   Le Barreau n’opère pas de discrimination à mon égard en raison de ma santé mentale
□   Je peux espérer un environnement de travail sécuritaire et adapté à mes besoins
□   On ne m’a jamais demandé si le métier d’avocat-e était trop demandant pour pouvoir avoir et élever des enfants
□   Les mises en situation des examens que j’ai passés incluaient des personnages de mon genre et de mon orientation sexuelle
□   Les toilettes et casiers non-mixtes ne me posent pas de problème
□   Je connais des auteurs/trices de doctrine qui me ressemblent au niveau de mes identités
□   La majorité des textes juridiques que j’ai lus ont été rédigés par des représentants de mon genre
□   Mes interventions en classe ne sont pas considérées comme illustrant l’opinion d’un groupe dont je fais partie
□   Mes interventions sont plus souvent sollicitées, félicitées, citées et prises comme point de départ d’une discussion par mes professeur-e-s que celles des membres d’un autre genre
□   Je suis rarement interrompu-e lorsque je m’exprime en classe
□   Je n’ai pas eu peur que des préjugés gâchent mes chances d’être admis-e en droit suite aux entrevues des candidat-e-s
□   Je n’ai pas peur que la connaissance de mon identité de genre ou de mon orientation sexuelle réduise mes chances d’être engagé-e par un-e employeur/euse
□   Je reconnais mon genre dans les textes ou propos au masculin « inclusif »


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