La parité n'est pas l'égalité

Le Premier ministre du Canda Justin Trudeau annoncé ce matin la composition de son Conseil des ministres.ses. Conformément à sa promesse électorale, il a nommé 15 femmes et 15 hommes aux différents postes ministériels, offrant au Canada un Conseil paritaire pour la première fois de son histoire.



Comme il fallait le prévoir, de nombreux électeurs s’inquiètent de ce choix. Les ministres ne devraient-ils pas être nommé.e.s d’après leur compétence plutôt que leur genre? Sauf, bien sûr, lorsque les Premiers ministres nomment des hommes parce qu’ils sont des hommes – ça, ça va. De toute façon, tout le monde sait que les hommes sont compétents à tout faire – il n’y a qu’à voir où des siècles de pouvoir masculin ont mené notre planète.

Quoiqu’il en soit, Justin Trudeau a démontré qu’il n’était pas égalitaire, puisque ses critères de sélection ont avantagé les députées élues en moins grand nombre que leurs collègues masculins. Bien sûr, que la sélection des candidat.e.s ait facilité les candidatures masculines n’importe pas – quel mal y a-t-il à présenter deux fois plus d’hommes que de femmes aux élections?

Eh bien, si c’est ce que vous croyez, vous avez raison. Mais pas pour les raisons que vous croyez. La parité n’est pas l’égalité des genres. Voilà à quoi l’égalité des genres aurait ressemblé :

- 4 novembre : Trudeau annonce un Conseil des ministres exclusivement composé de femmes
- 5 novembre : des manifestations demandent la démission de Trudeau, un homme qui ne pourra que se laisser guider par ses hormones d’hommes et prendre des décisions qui précipiteront la fin du Canada
- 7 novembre : des rumeurs courent que Trudeau n’est pas vierge, le rendant définitivement inapte à gouverner
- 12 novembre : Trudeau est démis et remplacé par sa femme à la tête du Canada
- 16 novembre : le Gouvernement passe une loi retirant le droit de vote aux hommes mariés
- 19 novembre : le Gouvernement retire le droit de vote à tous les hommes
- 20 novembre : tous les policiers sont renvoyés et remplacés par des femmes
- 21-29 novembre : des manifestations pour le droit de vote des hommes font rage. Les policières mettent des centaines de manifestants en prison.
- 1er décembre : l’Ordre des ingénieurs et le Barreau du Québec annoncent que leur profession n’est plus ouverte aux hommes
- 15 décembre : la direction des universités canadiennes annonce que les étudiants ne seront plus admis dans leur programme, à compter de la session d’hiver
- 17 décembre : la compétence des cadres masculins est remis en question. On appelle à leur viol pour les inciter à démissionner
- 20 décembre : juste à temps pour les fêtes, le Gouvernement annonce qu’il n’est plus criminel pour une femme de battre ou de violer son mari
- 15 janvier : Le salaire minimum masculin est voté par le Parlement. Il est fixé à 4$ par heure. Tous les employés fédéraux subissent une diminution de salaire d’au moins 50%
- 18 janvier : le Gouvernement vote une loi sur l’incapacité juridique des hommes mariés. Désormais, les hommes mariés ne pourront plus signer de contrat ou de chèque
- 20 janvier : une mobilisation nationale d’envergure exige le retour des hommes dans la sphère publique. Les journalistes ridiculisent ses porte-paroles en décrivant une attitude hystérique, une apparence minable et un agenda dangereux.
- 21 janvier : tous les journaux publient des textes d’opinion : Les hommes peuvent-ils êre députés? La copétence ne doit-elle pas primer sur la représentation des hommes?

Inutile de continuer, je crois que l’image est claire – elle vous donnera peut-être des cauchemars. Si vous êtes un homme, arrêtez de vous plaidre de la parité du Conseil des ministres. Contentez-vous d’être heureux que les féministes ne réclament pas l’égalité des genres ou l’égalité de traitement. Parce que même l’imagination de toute la gente féminine ne peut pas battre l’exemple qu’on donné les hommes en matière d’« égalité ».

La décision du Premier ministre n’était pas égalitaire. Elle était juste.


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